15/07/2019

Kaniki l'endormi

C'est parti ! Le projet Kaniki est sur les rails. Le dessinateur Olivier Trotignon s'est mis au travail pour illustrer les pages de l'album.
De superbes dessins avec des couleurs somptueuses... Un avant-goût avec ce dessin préparatoire sur le personnage principal.

17/06/2019

Demande à la poussière de John Fante


Je relis John Fante. Le père encore plus immature que le fils. Mais bon, quel âge avait-il lorsqu'il a écrit ce bouquin ? L'âge de son héros récurrent, Arturo Bandini. Une vingtaine d'années.
En fait non ! Il l'a publié à l'âge de trente ans, en 1939. Mais il se remémore le jeune paumé qu'il était, perdu à Los Angeles, à Bunker Hill, pauvre, amoureux, fou d'écriture et de célébrité.
On ne peut pas raconter ce livre.
Demande à la poussière.
C'est la vie misérable et grandiose d'Arturo Bandini. Ses hauts et ses bas. Ses laideurs et ses illuminations. C'est surtout l'écriture de Fante, mêlant le pathétique au comique, le lyrique au sordide.
Demande à la poussière est un titre si poétique.
La poussière du tremblement de terre de Long Beach (1933) que Bandini attribue à son commerce charnel avec l'inquiétante Vera Rivken. La poussière de ses mots dont il connaît l'envers mais qui le maintiennent en vie, tapissant le décor vide de son existence.
La poussière des rencontres, des existences côtoyées, frôlées, recherchées.
Celle du voisin, Hellfrick, bouffeur de barbaque monomaniaque et fauché.
De Sammy le barman du Columbia Buffet, rival détesté en amour et ridicule en écriture.
De Hackmuth, son dieu éditeur, aux dollars providentiels, à qui il écrit des lettres-fleuves qu'il métamorphose en nouvelles publiées en magazines.
Et bien sûr, de Camilla Lopez, la Mexicaine, serveuse au Columbia Buffet, son double féminin qu'il humilie et vénère à la fois, sa Sainte-Vierge et sa pute.
Il a si peur des filles, de celle-ci en particulier, de ce qu'il pourrait ne pas devenir, de lui-même, de ce qu'il représente aux yeux de l'Amérique.
Bandini est touchant car il essaie de vivre, d'accepter son destin, de le rêver, avec maladresse, fougue, méchanceté... et Fante, derrière lui, est implacable.

John Fante in a photo dated 1937. (Photo courtesy of the Los Angeles Public Library Photo Collection)


26/05/2019

Les recueils de Stéphane Amiot

 

Poésie

- Exégèse des ruines  Encres Vives 2006

- Pierres de la halte  Encres Vives 2010

- A grands pas dans l'automne  Editions Alcyone 2016 

A l'enseigne de mes pas Encres Vives 2017

- Saisons de lagunage (inédit)

- Bris épars (inédit)

- La nuit m'a soufflé sa lumière (inédit) 

 

Matières et temps (en cours)

- Urbex poésies (en cours)

- Poème graphique 



 

Contributions

- L'Almanach perpétuel des Charentes  (ouvrage de Brigitte Arnaud) Le Croît Vif 2009

- Rives océanes, Petite anthologie poétique de l'Île de la Réunion (recueil coordonné par Rose-Andrée de Laburthe) Azalées 2013

- Ces Charentes auxquelles on s'attache (ouvrage collectif coordonné par François Julien-Labruyère) Le Croît Vif 2014

- Soc & Foc Florilège poétique 

- Revue Saraswati 

- Poésie française 

- Ecrit(s) du Nord

- Revue Florilège 


24/05/2019

Florilège n°175

Un poème du recueil Saisons de lagunage a été publié dans le numéro de juin 2019 de la revue Florilège, avec un article de Stephen Blanchard sur mon recueil A grands pas dans l'automne.
Revue Florilège
19, allée du Mâconnais
21000 Dijon
aeropageblanchard@gmail.com

18/05/2019

A grands pas dans l'automne - note de lecture de Stephen Blanchard


A grands pas dans l'automne, Stéphane Amiot, éditions Alcyone, 2016, 20 €


Comme chacun le sait, en poésie, il y a peu d'élus et les raisons en sont multiples car cela dépend pour chaque époque de l'intérêt que le public porte à nos états d'âme. Il n'est pas si facile d'éveiller la conscience d'un lecteur, même averti, à comprendre notre propre écriture, notre idéal et nos rêves les plus fous pour aller à la rencontre de « l'autre ». En réalité, il faudrait se poser la question : est-ce un hasard d'écrire en vers ? Et pourtant les pièces en vers de Molière ou de Racine sont toujours d'actualité et puis tout le monde ne peut pas s'appeler Rilke ou Victor Hugo ! Si l'enseignant ne le fait, c'est au poète, à lui seul, qu'il appartient de faire aimer la poésie sans aucun esprit de chapelle. Stéphane AMIOT a compris qu'il fallait arracher les mots du silence « dans la lumière du poème », butiner le miel de son imagination car la poésie c'est « l'écho d'une pierre tombée dans le puits d'une âme », lorsque « l'espoir vacille à la lunule de tes yeux » pour « s'en remettre à l'oubli ». Et puis, parfois le temps s'arrête au firmament des songes, « en amont de l'enfance », redonnant du souffle à la vie « dans l'amitié d'un regard » ou dans l'épanchement des solitudes. Tout poète traîne souvent tout au fond de lui quelques blessures cantonnées à l'étreinte d'un désir afin de se convaincre de l'importance « d'une lèvre » qui d'un jour à l'autre peut « éclairer la nuit » de ses interrogations et de ses doutes. Un recueil qui sait « déchiffrer le silence des feuilles » et la sève des étés.

Stephen BLANCHARD