29/11/2017

TEXTES COURTS - Stéphane Amiot : Jamais personne ! NOUVEAUTE


Jamais personne !


Il n'y avait jamais eu personne !
A sa naissance, déjà, personne... à peine sa mère qui l'avait poussé à la va-vite et laissé pour mort sur le tapis de la salle de bains.
A l'école... là, c'est lui qui n'était pas là ! La petite, la moyenne puis la porte avant la grande.
Ah ! Son mariage. Enfin quelqu'un. Pas longtemps c'est vrai. Sa femme, magnifique dans sa robe blanche immaculée. Le lendemain, elle lui servait de suaire. Sans le savoir, il avait dit oui à un cancer du col de l'utérus en phase terminale.
Derrière la porte du Pôle emploi ? Personne.
Derrière les bureaux d'intérim ? Personne.
Y a quinquin qui voudrait bien, siouplaît, donner une p'tite pièce ? Rien.
Y aurait quelqu'un maintenant, là où il était ? Faut pas rêver !

L'idée était simple. Une poutre. Une chaise en paille. Entre les deux, une corde. Il monte sur la chaise. Attache la corde à la poutre puis au cou. Et là, patatras ! La paille cède sous son poids, la corde se tend mais pas assez. Une grange désaffectée pour ne gêner personne. Bien bu, bien mangé pour se donner du courage. Ça peut durer longtemps. Très longtemps. 

Y a quelqu'un ?

28/11/2017

PAL de chevet - novembre 2017 NOUVEAUTE

Miscellanées des plantes d'Anne-France Dautheville
Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos
Rien que l'amour de Lucien Becker
Légendes créoles de Daniel Honoré
Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë
11 récits des châteaux de la Loire de Brigitte Coppin
Histoire de l'Île de la Réunion de Marcel Leguen
Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de dix ans de Marie-Catherine Hecquet
Œuvres complètes Poésie de Jacques Rabemananjara
Dictionnaire des lieux imaginaires d'Alberto Manguel et Gianni Guadalupi
Ubik de Philip K. Dick
Le sel noir d'Edouard Glissant
Poèmes en archipel Anthologie de textes de René Char
Mon crayon voyage en mer de Monique Roussel
Bifrost n°87
Tout un monde fluide d'Odile Caradec
Plein été dans mon carré de ciel d'Andrée Marik
La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben
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Note :
archéologie du désir et de la soif de savoir
les strates de lecture remontant à plusieurs mois, béantes, lisibles sur le chevet
un compost de recueils de poésie, de documentaires, de fantastique et de SF
certains sont en latence depuis plusieurs mois, d'autres sont actifs
certains sont revenus après des vacances en rayonnage d'autres sont des souvenirs de mes projets d'écriture en suspens : récit fantastique, conte, nouvelle de SF et le sel incorruptible de la poésie pour apaiser les plaies
pile
empilement colonne sculpture
totem
ziggourat dédiée à la divinité caféine
tour de Babel de l'humilité
autoportrait livresque
au-dessus, moins prégnante, une pile bis, sorte de sas, d'antichambre où les livres transitent
la PAL peut devenir un genre littéraire à part entière, appartenant aux littératures de l'autobiographie comme les Je me souviens

27/11/2017

26/11/2017

Les romans de Stéphane AMIOT

 

 

- La Promesse du sphinx (roman jeunesse) Le Croît Vif 2008

- Le Silence des ravines (roman jeunesse) Editions Orphie 2008 - 2010 réédition enrichie d'illustrations

- Le Fou de la Diagonale (polar)  Editions orphie 2014

 

- La Naufragée des Saumonards (inédit)

- Les Hauts de la peur (en cours)

 

 

 


 

25/11/2017

Les recueils de Stéphane Amiot

 

Poésie

 

- Exégèse des ruines  Encres Vives 2006

- Pierres de la halte  Encres Vives 2010

- A grands pas dans l'automne  Editions Alcyone 2016 

A l'enseigne de mes pas Encres Vives 2017

 

- Saisons de lagunage (inédit)

- Bris épars (inédit)

- La nuit m'a soufflé sa lumière (inédit)

 

Matières et temps (en cours)

- Urbex poésies (en cours)

 

Contributions

 

- Rives océanes, Petite anthologie poétique de l'Île de la Réunion (recueil coordonné par Rose-Andrée de Laburthe) Azalées 2013

- Ces Charentes auxquelles on s'attache (ouvrage collectif coordonné par François Julien-Labruyère) Le Croît Vif 2014

- Soc & Foc Florilège poétique 

- Revue Saraswati


 
 

02/11/2017

A l'enseigne de mes pas - note de lecture d'Alicia Martinez

NOTES DE LECTURE - Alicia Martinez in Revue Saraswati n°15
A l'enseigne de mes pas, Stéphane Amiot

Editions Encres Vives, 2017

Stéphane Amiot, « A l'enseigne de mes pas », Ed. Encres Vives, 16 pages, 6,10 euros
Stéphane Amiot arpente dans ce recueil la cité toulousaine (lieu de sa naissance) dont il nous brosse un tableau inattendu et détonant.
Regard décalé, sans concession, où l'humour le dispute à l'ironie pour dénoncer la dégradation de la ville. Constat amer d'une déliquescence générale et d'une criante pauvreté, témoin la sombre dédicace
aux Morts dans la rue
à ceux qui habitent les rues
Langue décapante, qui déroute et intrigue le lecteur : jeux de mots inédits, associations insolites, souvent cocasses, toujours signifiantes. Voici les premiers vers
aux étals du fleuve
le printemsp décapsule ses fleurs
les amantes au goût de cannette
Chaque poème est un instantané qui fixe une scène, de jour, de nuit, comme pour un reportage. La nuit seule se prête à une évocation onirique. La ville peut alors respirer et retrouver un peu de sa magie. Arches et ponts se reflétant dans le canal – parenthèse d'eau et de songe – dessinent une cathédrale imaginaire. Mais le lyrisme fait vite place à l'amertume face au réel du sexe à emporter.
Retour à l'ironie qui a tout loisir de prospérer dans les scènes de jour. Les rues ne sont qu'un tourbillon où défilent dans une animation un peu folle, factice, une foule égarée, des badauds, des bières, et toute une jeunesse à la dérive, à l'avenir décapité.
La ville apparaît comme un zoo où s'opèrent de curieuses transformations : le canal est un caniche, la sono, un pélican.
Les objets deviennent des animaux et parfois, les humains aussi
croisant gars et filles fougères
les mufles transpercés d'alcools
ou encore lors d'un concert
les tanches se trémoussent sur le pré
en tendant l'hameçon au pêcheur
Humour doux-amer qui fait place à une peinture au vitriol pour ceux qui tiennent le haut du pavé : hypocrisie des bourgeoises carrossées, prétention et clinquant des experts, pas toujours experts
je vis des cormorans faire l'épouvantail
en free-lances dans les soirées vip
Le scandale c'est un libéralisme sauvage, une réussite économique qui ne profite qu'à quelques-uns et qui rend plus profond le fossé qui sépare les nantis des exclus. Ces derniers sont relégués derrière un rempart, ou en bas, tout en bas de l'entrelacs des noeuds autoroutiers
c'est là
que niche l'hiver
un peuple invisible
chassé du sang des villes
dans le crachat et la paille
Réalisme cru et poignant à la mesure de l'indignation.
On note d'ailleurs au fil du recueil un crescendo dans les audaces verbales comme dans l'inventaire surréaliste du Rêve ou cauchemar, overdose de dioxyde de carbone et plus encore dans le dernier poème dit cynique, où l'auteur emmène ses enfants le week-end au cirque des rues : spectacle de foire des éclopés, mendiants...
suivent des momies des sphinx des nains des bossus
des culs de jatte des troncs sans bras sans jambes
des borgnes des aveugles des pelés des croûteux des sanguinolents
Se faire le porte-parole de ceux qui n'ont pas de voix.
Colère aussi et incompréhension devant la mauvaise gestion et la croissance exponentielle de la ville, si mal maîtrisée (architectes néophytes), qui ne respecte ni les hommes ni les animaux ni la nature. Plaidoyer sans ambages pour une écologie – vitale
les antennes des toits de la ville raclent
le limon noir du ciel
n'en déplaise aux abeilles
qui butinent le soleil
Pas de nostalgie rétro dans ce recueil, mais le rêve d'un lieu où s'accorderaient enfin progrès et nature, où une juste répartition des richesses redonnerait aux humains espoir et dignité, ce que l'auteur nomme une modernité renaissante.
Le poète est ici, par la puissance de sa voix, lanceur d'alerte : nécessité d'un réveil, d'une prise de conscience, à Toulouse – et dans combien d'autes villes... - pour que naisse une action solidaire car
nous sommes un peuple
une vague un espoir
Alicia Martinez